Vols de drones dans les espaces naturels
- AirOps

- 20 févr.
- 15 min de lecture
Dernière mise à jour : 15 mars

Le sujet est mal connu, et fait l'objet de croyances et de mauvaises interprétations. Qu'en est-il ?
Il faut savoir qu'il existe une ribambelle d'espaces naturels en France. Tous n'ont pas le même statut, et par conséquent pas les mêmes impacts sur les survols d'aéronefs.
Nous allons distinguer deux statuts de protection, mis en place par le Ministère de la Transition écologique, de la Biodiversité, de la Forêt, de la Mer et de la Pêche, et par l'OFB (l'Office Français de la Biodiversité) :
la protection réglementaire ;
la protection conventionnelle.
La première est contraignante, car elle fait l'objet d'arrêtés qui listent précisément ce qui est interdit, et verbalisable.
La seconde est non-contraignante, et fait l'objet de chartes d'aménagement et de préservation de l'environnement.
Précision importante : le site de l'INPN, largement mentionné dans cet article, est hors service depuis une cyber-attaque.
Espérons qu'il sera bientôt de nouveau disponible.
Les espaces naturels qui font l'objet d'une protection réglementaire sont (liste non exhaustive) :
les cœurs de parcs nationaux ;
les zones faisant l’objet d'un arrêté de protection du biotope ;
les réserves naturelles nationales ;
les arrêtés de protections des habitats naturels (APHN).
Les espaces naturels qui font l'objet d'une protection conventionnelle sont (liste non exhaustive) :
les sites NATURA2000 ;
les parcs naturels régionaux ;
les aires d'adhésion des parcs naturels nationaux.
Il existe également certains sites sans contraintes juridiques pour les survols d'aéronefs, comme les ZNIEFF (Zones Naturelles d'Intérêt Écologique Faunistique et Floristique), les ZICO (Zones Importantes pour la Conservation des Oiseaux), et les ENS (Espaces Naturels Sensibles).
Les sites naturels contraignants pour les survols d'aéronefs :
1. Les cœurs de parcs naturels nationaux :
Ces sites sont formellement interdits de survol sans autorisation, en général en dessous de 3300 ft (1000m). Il n'y en a pas beaucoup, mais ils ont en général une ampleur importante. Les "cœurs" sont en vert foncé sur l'image ci-dessous, et les aires d'adhésion (non contraignantes) sont en vert clair :

Ci-dessous, sur cartes.gouv :

Ces cœurs de parcs naturels nationaux sont bien identifiés sur la carte OACI, avec la limitation de hauteur associée.
Ci-dessous, un exemple avec le parc naturel national des Forêts, interdit de survol en dessous de 3300ft :

La même vue avec l'affichage du calque "Parcs naturels nationaux" :

Ces cœurs de parcs naturels nationaux sont également indiqués sur les outils de préparation de vol (DroneKeeper à gauche, FlyBy à droite) :

Cette interdiction à tout aéronef est confirmée par les décrets de création de parcs naturels nationaux, disponibles sur le site de l'INPN ( https://inpn.mnhn.fr/accueil/index ) :

Cela est aussi précisé indirectement dans l'arrêté espace du 03 décembre 2020, relatif à l’utilisation de l’espace aérien par les aéronefs sans équipage à bord :

La "voie de l’information aéronautique" est matérialisée par l'AIP (Aeronautical Information Publication), disponible sur le site du SIA (Service de l'Information Aéronautique) qui liste toutes les restrictions relatives aux parcs nationaux et réserves naturelles nationales :

A noter également que les prises de vues à but commercial réalisées dans un parc naturel national sous soumises à autorisation, et bien souvent à redevance :

De plus en plus de panneaux implantés en bordure de ces parcs y affichent l'interdiction d'utilisation de drones :


2. Les zones faisant l'objet d'un arrêté de protection du biotope :
Le but de ces zones est de prévenir la disparition des espèces protégées. Un arrêté de protection de biotope peut avoir pour objet l'interdiction de toute action portant atteinte de manière indistincte à l'équilibre biologique des milieux, et en particulier les survols d'aéronefs.
Ces zones sont en général de faible étendue, mais il en existe beaucoup :

Toutes ces zones ne sont pas forcément interdites aux drones. Pour le déterminer, il faut consulter son arrêté de création sur le site de l'INPN.
Pour cela, il faut s'afficher ces zones sur Cartes.gouv . fr (dans le volet de droite: "Catalogue de cartes", puis "Toutes les cartes", puis renseigner "Biotope") :

Pour avoir les caractéristiques de l'une de ces zones, il faudra la sélectionner sur Cartes.gouv . fr en y faisant un clic droit, sélectionner "Informations sur des couches", puis "Info sur les couches" :

On arrive donc directement sur le site de l'INPN, à la page dédiée à cette zone :

Tout en bas de cette page est accessible l'arrêté de création de cette zone :

Lequel arrêté indique, dans son article 7, que le vol de drones y est interdit :

Attention, ces zones n'apparaissent pas sur le calque UAS de Géoportail/Cartes.gouv . Il convient donc de se les afficher en plus pour savoir si l'on se trouve dans une telle zone ou non. Cependant, les outils de préparation de vol (DroneKeeper, DroneSpot, et FlyBy par exemple) les affichent par défaut :


3. Les réserves naturelles :
Une réserve naturelle est définie comme "Tout ou partie du territoire d'une ou de plusieurs communes, dont la conservation de la faune, de la flore, du sol, des eaux, des gisements de minéraux et de fossiles et, en général, du milieu naturel présente une importance particulière, ou qu'il est nécessaire de soustraire à toute intervention artificielle qui serait susceptible de les dégrader".
Il faut distinguer les réserves naturelles nationales des réserves naturelles régionales :
Les réserves naturelles nationales sont celles qui peuvent être listées dans l'AIP, et qui font donc l'objet de restrictions de survol. Celles qui font l'objet de restrictions sont mentionnées sur la carte OACI (à 99%).
Elles sont définies comme "englobant des zones naturelles précieuses et d’intérêt national ou international, souvent de plus grande superficie que les réserves naturelles régionales. Leurs missions principales sont la préservation de sites exceptionnels, la protection de la biodiversité et la conservation d’habitats rares ou menacés à l’échelle nationale. Créées par l’État, les RNN sont gérées par des organismes locaux en concertation avec les acteurs du territoire".
Un exemple avec la réserve naturelle nationale des Hauts Plateaux Du Vercors : celle-ci est publiée à l'AIP 5.7 :

... Et apparait bien sur la carte OACI :

... Ainsi que sur la couche UAS de Géoportail/Cartes.gouv :

Attention, toutes les réserves naturelles nationales ne sont pas forcément bien délimitées sur la carte OACI. Certaines font juste l'objet d'un marquage spécifique symbolisé par un cercle rouge avec un point rouge en son centre :

Mais en général, la couche UAS de Géoportail/Cartes.gouv fait bien figurer la zone d'interdiction (et en cas de doute, il reste possible d'aller vérifier le périmètre de la zone sur le site de l'INPN) :

Il existe cependant des réserves naturelles nationales qui n'interdisent pas le survol d'aéronefs. Elles ne figurent pas dans l'AIP, ni sur la carte OACI (on peut néanmoins les trouver sur le site de l'INPN, ou les afficher sur Géoportail/Cartes.gouv, via le menu "espaces protégés").
Les réserves naturelles régionales ne sont pas publiées à l'AIP.
Elles sont définies comme "généralement de taille plus réduite que les réserves naturelles nationales. Elles ont pour objectifs de conserver des sites naturels remarquables à l’échelle régionale, de sensibiliser le public et de promouvoir le développement durable. Créées et gérées par les Conseil régionaux, elles constituent un véritable outil de valorisation des territoires".
ATTENTION : malgré cela, certaines réserves naturelles régionales sont bel et bien interdites de survol... Un exemple avec la réserve naturelle régionale des Marais de Brière, dans le secteur de St Nazaire :

Cette réserve apparait sur Cartes.gouv en allant chercher le calque approprié :

Par contre, cette réserve n'apparait ni dans l'AIP, ni sur la carte OACI (elle est rajoutée en calque vert transparent ci-dessous) :

Et n'apparait pas non plus sur la couche UAS de Géoportail/Cartes.gouv (mise en surimpression en vert avec les vaguelettes oranges ci-dessous) : :

Le survol y est pourtant bien interdit, conformément à la décision de création de la réserve par le conseil régional (consultable sur la page INPN de la réserve) :

Et concernant cette réserve, les autres dispositifs de préparation de vol privés ne sont d'aucune utilité (DroneKeeper noie cette réserve au milieu d'un parc naturel régional qui n'est pas interdit aux drones, FlyBy ne l'affiche pas, Drone-Spot et Mach7Drones non plus). Il n'y a que le télépilote, qui après un travail de recherche, pourra déterminer que le vol de drones y est en fait interdit.
4. Les arrêtés de protection des habitats naturels (APHN) :
Les APHN sont définis comme "visant à assurer la préservation d’habitats identifiés au titre de la protection de sites d’intérêt géologique, d’habitats naturels, d’espèces animales ou végétales et de leurs habitats. Ils permettent de prendre des mesures de nature à empêcher la destruction, l’altération ou leur dégradation de ces habitats naturels".
Ce type d'arrêté étant assez récent (2018), et il n'existe pas beaucoup de site en bénéficiant à l'heure actuelle. Ceux-ci sont en général de petite taille. D'ailleurs, en les faisant apparaitre sur une carte, on ne les voit même pas (il faut énormément zoomer pour qu'ils apparaissent).
Sur la carte ci-dessous, on aperçoit à peine l'APHN "Mont-Blanc". Les autres APHN font l'objet d'un marquage rajouté pour savoir où ils se trouvent :

Certains de ces arrêtés interdisent les activités de décollage et/ou atterrissage (celui du Mont-Blanc interdit d'y "atterrir par tout moyen"). D'autres, comme l'APHN du Volcan du Puy Pariou est beaucoup plus explicite :

Et les choses ont été bien faites, car cette interdiction figure sur les panneaux bordants ce secteur :

Ces zones APHN sont visualisables sur Cartes.gouv, via la couche "arrêtés de protection d'habitats naturels" (en zoomant bien) :

Les sites naturels non contraignants pour les survols d'aéronefs :
Ces sites ne sont pas contraignants pour les survols, car ils font l'objet d'une "protection conventionnelle", contrairement aux sites contraignants, qui bénéficient eux d'une "protection réglementaire".
1. Les parcs naturels régionaux (PNR) :
Les PNR sont définis comme des "territoires à l'équilibre fragile, au patrimoine naturel et culturel riche et menacé, faisant l'objet d'un projet de développement, fondé sur la préservation et la valorisation du patrimoine". Ils sont créés par décrets simple, pris sur rapport du ministre en charge de l'environnement.
Les PNR sont assez rependus sur le territoire. Ils ne font cependant pas l'objet d'interdictions de survols (protection conventionnelle), et n'apparaissent par conséquent ni dans l'AIP, ni sur la carte OACI, si sur la couche UAS de Géoportail/Cartes.gouv :

Il est cependant possible de les afficher sur Géoportail/Cartes.gouv via le menu "espaces protégés", et d'obtenir plus d'informations via le site de l'INPN :

2. Les sites NATURA2000 :
L’appellation "NATURA2000" désigne deux types de zones :
Les zones spéciales de conservation (ZSC), qui sont des sites marins et terrestres à protéger, et qui comprennent soit des habitats naturels menacés ou offrant des exemples remarquables des caractéristiques propres à une région, ou des habitats d'espèces de faune et de flore sauvages dont la liste est fixée par arrêté du ministre en charge de l'environnement et dont la rareté, la vulnérabilité ou la spécificité justifient la désignation de telles zones et par là même une attention particulière ;
Les zones de protection spéciale (ZPS), qui sont des sites marins et terrestres particulièrement appropriés à la survie et à la reproduction d'espèces d'oiseaux sauvages figurant sur une liste arrêtée par le ministre chargé de l'environnement, ou qui servent d'aires de reproduction, de mue, d'hivernage ou de zones de relais à d’autres espèces d'oiseaux non mentionnées par cette liste.
Les sites Natura 2000 font l'objet de mesures destinées à conserver ou à rétablir dans un état favorable à leur maintien à long terme les habitats naturels et les populations des espèces de faune et de flore sauvages qui ont justifié leur délimitation.
Ils font également l'objet de mesures de prévention appropriées pour éviter la détérioration de ces mêmes habitats naturels et les perturbations de nature à affecter de façon significative ces mêmes espèces.
Ces mesures sont définies en concertation notamment avec les collectivités territoriales intéressées ainsi qu'avec des représentants de propriétaires, exploitants et utilisateurs des terrains et espaces inclus dans le site.
Elles tiennent compte des exigences économiques, sociales, culturelles et de défense, ainsi que des particularités régionales et locales. Elles sont adaptées aux menaces spécifiques qui pèsent sur ces habitats naturels et sur ces espèces.
Elles ne conduisent pas à interdire les activités humaines dès lors qu'elles n'ont pas d'effets significatifs sur le maintien ou le rétablissement dans un état de conservation favorable de ces habitats naturels et de ces espèces.
Les mesures sont prises dans le cadre de contrats ou de chartes, ou en application des dispositions législatives ou réglementaires, notamment de celles relatives aux parcs nationaux, aux parcs naturels marins, aux réserves naturelles, aux biotopes ou aux sites classés.
Les sites NATURA2000 ne font, par défaut, pas l'objet d'interdictions de survol (protection conventionnelle). Pour qu'une interdiction y existe, il faut, en plus, l’existence d'un arrêté préfectoral dédié.
Les sites NATURA2000 sont nombreux, et sont très étendus :
Sites NATURA2000 relatifs à la directive "habitats" :

Sites NATURA2000 relatifs à la directive "oiseaux" :

Vu que les NATURA2000 ne sont pas interdits de survol par défaut, ils n'apparaissent ni dans l'AIP, ni sur la carte OACI, ni sur la couche UAS de Géoportail/Cartes.gouv.
Il est cependant possible de se les afficher manuellement sur Géoportail/Cartes.gouv pour savoir où ils se trouvent, et quelles sont leurs caractéristiques (via l'INPN).
3. Les aires d'adhésion des parcs naturels nationaux :
Ces aires d'adhésion entourent les zones cœur de parcs naturels nationaux, qui, elles, sont bien interdites aux drones.
Ces aires d'adhésion, n'étant pas interdites de survol, ne figurent ni dans l'AIP, ni sur la carte OACI, ni sur la couche UAS de Géoportail/Cartes.gouv.
Il est cependant possible de se les afficher manuellement sur Géoportail/Cartes.gouv pour savoir où elles se trouvent, et quelles sont leurs caractéristiques (via l'INPN).
Ces aires d'adhésion sont symbolisées en vert clair ci-dessous (le cœur est en vert foncé):

4. Les ZNIEFF (Zones Naturelles d'Intérêt Écologique Faunistique et Floristique) :
Les ZNIEFF sont des "secteurs de l'ensemble du territoire national, terrestre, fluvial et marin (départements d'outre-mer compris) particulièrement intéressants sur le plan écologique, notamment en raison de l'équilibre ou de la richesse des écosystèmes qu'ils constituent, de la présence d'espèces végétales ou animales rares et menacées"
Elles ne sont pas interdites de survol, et sont très étendues sur le territoire :

Les ZNIEFF n'étant pas interdites de survol, elles ne figurent ni dans l'AIP, ni sur la carte OACI, ni sur la couche UAS de Géoportail/Cartes.gouv.
Il est cependant possible de se les afficher manuellement sur Géoportail/Cartes.gouv pour savoir où elles se trouvent, et quelles sont leurs caractéristiques (via l'INPN).
5. Les ZICO (Zones Importantes pour la Conservation des Oiseaux) :
Les ZICO sont "des sites qui ont été identifiés comme importants pour certaines espèces d'oiseaux (pour leurs aires de reproduction, d'hivernage ou pour les zones de relais de migration) lors du programme d'inventaires scientifiques lancé par l'ONG Birdlife International. Les ZICO n'ont pas de statut juridique particulier".
Ces zones sont également assez rependues :

Les ZICO n'étant pas interdites de survol, elles ne figurent ni dans l'AIP, ni sur la carte OACI, ni sur la couche UAS de Géoportail/Cartes.gouv.
6. ENS (Espaces Naturels Sensibles) :
L'appellation "espace naturel sensible" désigne simplement des sites naturels qui constituent une richesse sur le plan écologique (faune, flore, géologie…) et des paysages. Ils sont en grande majorité des propriétés du département.
Ces espaces sont petits, mais assez nombreux sur le territoire :

Les ENS n'étant pas interdits de survol, ils ne figurent ni dans l'AIP, ni sur la carte OACI, ni sur la couche UAS de Géoportail/Cartes.gouv.
7. Les ZSM (Zones de Sensibilité Majeure) :
Les ZSM soulèvent pas mal de débats. Règlementairement parlant, elles ne sont pas interdites de survol, mais les messages à faire passer est qu'il faut éviter au maximum d'y voler.
Selon la DREAL : "certains rapaces sont particulièrement sensibles au dérangement. Afin de favoriser les conditions de reproduction (en particulier le maintien des couples nicheurs sur des sites favorables) et de faciliter la mise en œuvre de mesures de gestion définissant les modalités de réalisation d’activités sur les sites de reproduction, il s’est avéré nécessaire de disposer d’une cartographie des zones de sensibilité majeure (ZSM).
Ces ZSM sont constituées principalement des sites de reproduction et plus rarement des dortoirs et sites de réintroduction. Elles sont associées à un calendrier basé sur le cycle de reproduction de l’espèce. La diffusion et la prise en compte des ZSM doit ainsi permettre un report quasi systématique des activités humaines potentiellement dérangeantes en dehors des périodes d’activations des ZSM.
Au-delà des seules périodes sensibles, elles doivent bien entendu être prises en compte pour tous travaux, aménagements, nouvel usage qui menaceraient d’affecter durablement leurs habitats et leur quiétude (aménagements d’accès carrossables ou pédestres, équipements d’activités sportives ou de loisir, transformation durable de la végétation ou du milieu, etc.)".
Ces zones s'activent et se désactivent en fonction de la période de l'année, et peuvent voir leurs positions géographiques évoluer.
Une charte passée entre la DREAL et la DGAC indique que "le cadre général" est de contourner les ZSM actives. Si ne contournement n'est pas possible, il faut que l'aéronef respecte une hauteur de 1000m au-dessus du point le plus haut de la ZSM pour un aéronef motorisé (600m pour un aéronef non motorisé). Ces valeurs de hauteur peuvent être légèrement différentes en fonction de l'espèce à protéger.
Les ZSM n'étant pas par définition des zones interdites de survol, elles n'apparaissent pas sur la carte OACI, ni sur Cartes.gouv.
Elles sont cependant mentionnées dans l'AIP 5.6 :

Un lien vers le site du STAC (Service Technique de l' Aviation Civile) permet d'obtenir plus de renseignements :


FlyBy permet également de visualiser facilement les ZSM :

DroneKeeper permet également de les visualiser, mais celles-ci sont "noyées" dans d'autres espaces naturels :

ATTENTION : un site "non contraignant" pour les survols peut tout de même vous apporter des problèmes si vous y utilisez votre drone !
Le code de l'environnement possède un article qui s'applique partout sur le territoire métropolitain, en zone naturelle ou non, et qui indique que la perturbation intentionnelle des oiseaux, est interdite (article L411-1 du code de l'environnement). Cela signifie que même si vous volez dans un lieu non interdit de survol, si votre vol est de nature à perturber la faune, vous encourez une peine d'amende (comme par exemple remonter une falaise avec votre drone, laquelle abrite une espèce d'oiseaux particulièrement vulnérable en période de reproduction). Pour les vols en ZSM, cela ne fera pas un pli !

Il faut préciser qu'en plus, vous ne pourrez pas vous réfugier derrière le terme "intentionnel" en expliquant que ce n'était pas le cas, car, selon la directive "habitats 92/43/CEE" :
"La perturbation ne doit pas nécessairement porter directement atteinte à l’intégrité physique d’une espèce, mais peut avoir un impact négatif direct. La perturbation est néfaste pour une espèce protégée, notamment parce qu’elle réduit ses chances de survie, le succès de reproduction ou ses capacités de reproduction" ;
et
"Un acte «intentionnel» recouvre également les situations dans lesquelles le résultat n’est pas directement voulu mais où la personne aurait dû tenir compte des conséquences susceptibles de découler de son acte".
Certains sites non interdits de survol mentionnent tout de même certaines interdictions qui peuvent inclure l'activité drone, comme par exemple l'interdiction d'utiliser tout "véhicule motorisé", ou "de réaliser toute activité de loisir", ou encore "de troubler ou de déranger les animaux par quelque moyen que ce soit" :



Certains sites non contraignants peuvent être en partie concernés par un arrêté Préfectoral ou municipal, indépendant du site, qui indiquerait une interdiction de survol, ou d'utilisation de drones.
Par exemple, le site du lac de Roue (commune d'Arvieux), est situé dans le parc naturel régional du Queyras, dans une ZNIEFF, et dans un site Natura2000.
Ces trois espaces naturels ne sont pas contraignants pour les drones. Cependant, la commune d'Arvieux a publié un arrêté municipal pour interdire d'utiliser un drone (elle n'interdit pas le "survol" (elle n'en a pas le droit), mais bien "le fait d'utiliser un drone sur un espace public"). Pour que les personnes sur place soient au courant de l'interdiction, la commune a mis en place des panneaux :

Il est juste dommage que les référence de l'arrêté municipal n'aient pas été indiquées. Après une recherche compliquée, le fameux arrêté est trouvé au fond d'Internet :


Également, il est dommage que l'inscription sur le panneau ne soit pas complètement conforme à ce qui est indiqué dans l'arrêté. Quoi qu'il en soit, si l'on regarde sur Géoportail/Cartes.gouv la possibilité de voler sur ce site, elle apparait comme possible. En réalité, l'arrêté municipal rend impossible de voler au niveau de ce lac sans autorisation.
Les infractions/délits/sanctions :
Les sites faisant l'objet d'arrêtés préfectoraux sont des mesures de police administrative. Le fait de contrevenir aux dispositions réglementaires prévues par des arrêtés préfectoraux constitue une infraction passible de l'amende pénale prévue pour les contraventions de quatrième classe (750 euros), selon le code Pénal :

L'acte de réaliser une "perturbation intentionnelle" seule d’une espèce animale protégée est également une infraction sanctionnée d'une contravention de la 4ème classe relevant du Tribunal de police (amende de 750€) (article R415-1 du code de l'environnement).
A noter que l’infraction de perturbation intentionnelle a été reconnue plusieurs fois par le juge concernant le dérangement par des vidéastes ou photographes de rapaces sensibles (Gypaète barbu…) ou par des pratiquants de sports aériens. Le tribunal compétant est le tribunal de police.

Attention : la violation de certaines interdictions prévues par l'article L411-1 du Code de l'Environnement, mais également l'atteinte à la conservation d'une espèce animale non domestique (à l'exception de la perturbation intentionnelle, relative à l'article R415-1 du même code), constitue un délit puni jusqu’à 3 ans d’emprisonnement et 150 000€ d’amende (article L415-3 du code de l'environnement).
C’est le Tribunal correctionnel qui est compétent. Ces interdictions sont : la destruction, la mutilation, la capture de spécimens ; La destruction ou l'enlèvement de leurs nids ou œufs ; La détention, vente, achat, naturalisation, transport de spécimens qu'ils soient vivants ou morts ; la "destruction, l'altération ou la dégradation de ces habitats naturels ou de ces habitats d'espèces".
Attention, la perturbation intentionnelle "en période de reproduction" pourrait être considérée comme une "atteinte à la conservation d'une espèce animale", et entrerait dans le champ de l'article L415-3. Il convient par conséquent de se renseigner sur ces périodes de reproduction pour éviter éventuellement de graves problèmes...


Exemple de condamnation pour avoir réalisé un vol à proximité d'une espère protégée : la société "Radar Film" réalisait en 2018 un documentaire appelé "Donne moi des ailes", tourné en Camargue au sein d'une zone NATURA2000.
Il s'est produit lors du tournage un survol de 8 000 Flamants Roses en période de couvaison.
Dans la panique, les oiseaux se sont enfuis en détruisant et abandonnant environ 500 œufs. Le tribunal correctionnel à condamné la société à 50 000 Euros d'amende pour "destruction non autorisée d'œufs ou de nids d'une espèce protégée", ainsi qu'à 2 000 Euros pour "perturbation volontaire" et "atteinte à la conservation".
En conclusion : lorsque que vous préparez votre vol, tâchez de savoir si vous vous trouvez dans un espace naturel. Si celui-ci ne constitue pas une interdiction de survol, en cas de doute, contactez l'organisme gestionnaire ou la DREAL, qui pourra vous aiguiller et vous conseiller.
Vous pouvez aussi consulter ce document de la ligue pour la Protection des oiseaux, qui donne des conseils aux télépilotes : https://www.lpo.fr/media/read/14035/file/Affichedronefaunesauvage.pdf
Bons vols !





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